Photographe 

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Sariaka et le tsobato

Sariaka

Sariaka, Quartier d’Anosibe, Antananarivo, 2012.

 

— Depuis des temps immémoriaux, à Madagascar comme ailleurs, certains jeux sont réservés aux filles, d’autres aux garçons. Le tsobato, sorte de jeu d’osselets, est exclusivement féminin et Sariaka est experte en la matière…

 

Famille Raminoharisoa

Famille Raminoharisoa

Famille Raminoharisoa, Antananarivo, 2012.

 

— La famille Raminoharisoa vit dans le quartier d’Anosibe, une baraque de bouts de bois et de bâches en plastique, le long du canal, tout au bord des rails.

 

Armel

Armel

Armel, Paris, 2012.

 

— Armel est breton, natif de Plestin-les-Grèves, mécanicien auto de métier. Voilà 20 ans qu’Armel est en voyage, 20 ans qu’il se promène de gare en gare, depuis son divorce. « C’est la SNCF mon transporteur, je voyage gratuitement. Ils me font pas d’souci. » Paris, Brest, Le Mans, Bologne, Naples… France, Espagne, Italie… Ce soir, Armel dormira à Colombes, sur la banquette arrière d’une vieille Ford à l’abandon. « J’ai pas froid, avec un peu d’rouge… et puis, j’ai un bon duvet, j’suis bien comme ça », dit-il, rieur, en recrachant une bouffée du havane qu’on lui a offert dans l’après-midi…

 

Jean-Jacques Élangué

Jean-Jacques Élangué

Jean-Jacques Élangué, Paris, 2012.

Si la photographie n’est pas bonne, comme le disait Robert Capa, c’est que vous n’êtes pas assez près…

— Il manque le son ? C’est par là, sur le site de Jean-Jacques Élangué.

 

Mama Konaté

Mama Konaté

Mama Konaté, Paris XIXᵉ, 2012.

— Mama Konaté, 37 ans, est mère de deux enfants âgés de 14 et 8 ans. Mariée à un Français rencontré au Mali, d’où elle est originaire, Mama est en France depuis cinq ans et demi et vit Aubervilliers. Joueuse de n’goni, elle est devenue femme de ménage parce qu’elle n’a pas « trouvé la route pour se promener. »

 

Lama Lobsang

Lobsang

Lama Lobsang, Marché de l’Olive, Paris XVIIIᵉ, 2012.

— J’ai croisé Lobsang non loin du marché de l’Olive, dans le XVIIIᵉ, à Paris. Ce n’est pas tous les jours, n’est-ce pas ? que l’on rencontre un lama tibétain.

— Lobsang visite sa famille. Lui vit en Inde du sud depuis plusieurs années. À 34 ans, après 17 années d’étude du bouddhisme, Lobsang se définit comme un étudiant. Ce que mon traducteur (membre de sa famille) s’empresse de commenter : « On étudie le bouddhisme toute sa vie. » Et d’ajouter : « Lobsang est un maître. » Un lama de troisième renaissance. Mon interprète n’a malheureusement pas pu me traduire toutes les explications de Lobsang.

— Lobsang s’est engagé dans cette voie « pour le bien ». Ses dix-sept années d’étude l’ont confirmé dans ce choix.

— Après quelques mots, des regards et des sourires complices échangés, nous nous sommes salués, très chaleureusement, poignée de mains, front contre front. Tous deux nous sommes retournés sur nos pas, pour un dernier regard, un dernier geste de la main…

 

Professeur Pape Fall

Pape Fall

Pape Fall, Paris, Place de Clichy, 2012.


Ma rencontre, devant des toilettes publiques, avec Pape Fall ferait un bon sketch. Pape attendait la fin du cycle de lavage automatique, lumière bleue allumée. Au vert, c’est libre mais Pape n’entre pas, il attend, quoi ? je ne sais pas :

— Excusez-moi, vous y allez ?

— Vous, vous voulez y aller ?

— Oui mais vous attendiez pour entrer, non ?

— Je travaille, je suis sociologue-psychanalyste… Vous avez envie de pisser ou bien… ?

— (Je souris) Oui. Pisser.

— Allez-y.

— Vous êtes certain ? parce que vous attendiez… Enfin, c’est vous qui savez…

— Je ne sais rien, Bourdieu sait, Lévi-Strauss sait, moi je ne sais rien, je ne suis qu’un débutant… Allez-y…

J’ai ri. Et, au sortir des toilettes publiques, Pape Fall était encore là. Il a laissé passer deux autres personnes avant d’y entrer lui-même et d’en ressortir rapidement. Je l’ai attendu, il a fait mon analyse et nous avons discuté.

— Pape Fall ou Professeur Pape Fall, comme il aime à se présenter, est d’origine sénégalaise, sociologue-psychanalyste. Il m’a dit avoir enseigné à Dakar et durant un semestre à l’Université Paris 8 dont il connaît, manifestement, les cadors, les Miller, Alain, Jacques et consorts. Je n’en sais pas beaucoup plus. Il a accepté de bonne grâce la photo et nous nous sommes séparés. Il devait récupérer son sac, m’a-t-il dit, dans une pharmacie voisine…

 

Nomena, noctiflore

Nomena

Nomena, Antananarivo, 2012.

— Nomena, noctiflore, fleur de nuit… J’aurais pu écrire créature de la nuit. À la nuit tombée, certaines rues d’Antananarivo se peuplent densément de créatures qui ne semblent vivre que (de) la nuit.

 

Faudel

Faudel

Faudel, Paris, 2012.

— Faudel est né en 1936, en Algérie. Engagé dans l’armée française, il est aujourd’hui invalide et vit dans la rue depuis 4 ans.

— La discussion avec Faudel n’a pas été facile, le prendre en photo moins encore. Un seul cliché, presque volé. Tout ce que j’ai appris de lui, c’est à demi-mots qu’il me l’a confié. Des mots à reculons. Des mots pleins de pudeur et de honte. La photo, il l’a acceptée mais s’est de toute suite ravisé, il ne m’a pas même laissé le temps de m’organiser.