Un dément
— Un dément hors les murs… j’ai eu un peu de mal à titrer cette photo. L’homme est manifestement « dément » et vit dans la rue. La folie qu’on enferme en France (et ailleurs) est ici « hors les murs ».
— Un dément hors les murs… j’ai eu un peu de mal à titrer cette photo. L’homme est manifestement « dément » et vit dans la rue. La folie qu’on enferme en France (et ailleurs) est ici « hors les murs ».
Mais était-il fou ou on l’a pris pour fou et il l’est devenu ? Ici, comme à Maurice, j’ai vu des gens qui étaient seulement différents ( cannabis / champignon / dachura / ou qui pensaient différemment tout simplement ) que la société a jugé fous. En tout cas, cette photo est superbe, le fait qu’il soit à l’ombre et que son regard ressorte si bien, sa position d’empereur romain; je trouve magnifique ton dément hors les murs.
Effectivement, c’est un jugement « commun », je veux dire qu’il n’a pas valeur de diagnostic, c’est ici le regard des autres qui est en cause, le mien pour les autres, qui en fait a priori un « fou ».
C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai employé le mot « dément » que personne ou presque n’emploie jamais pour parler d’un « fou » mais pour dire : « C’est dingue ! C’est dément ! » Quelque chose comme « Waouh ! » Le mot « dément » est, dans cet emploi de « fou », « hors d’usage ». C’est cette idée que je voulais mettre en avant : la rapidité du jugement sans valeur de diagnostic pour qualifier une forme de marginalité, une extra-mormalité, extra-territorialité.
Je dois bien avouer que moi aussi j’aime cette photo, le cadre, le cadre dans le cadre, la position du « dément », le mur, à l’extérieur, son regard, l’ombre… et la cigarette !
Tu sais, je me suis assis à côté de lui, il m’a à peine regardé, je lui ai parlé, il ne m’a pas répondu, juste un coup d’œil, sans bouger jamais de sa position. Je lui ai demandé si je pouvais le photographier, juste un mouvement d’œil, rien d’autre…
Merci !